Visa à points : le patronat britannique redoute une pénurie de main-d’œuvre

Le gouvernement de Boris Johnson vient de publier son plan pour un nouveau système d’immigration à points. Prévu pour une entrée en vigueur dès le 1er janvier 2021, il autorise les citoyens étrangers à venir travailler dans le pays à condition d’obtenir 70 points selon des critères définis. Seront pris en compte des éléments comme la maîtrise de l’anglais, le haut niveau de qualification ou encore le fait de se faire sponsoriser par une entreprise approuvée par le système. Si la CBI (Confederation of British Industry), le principat syndicat patronal, a accueilli de façon positive certaines mesures, d’autres lui font craindre un manque de main-d’œuvre qui pourrait être catastrophique dans des secteurs comme l’agriculture ou les métiers de la restauration.

La Fédération des petites entreprises (FSB) se dit d’autant plus préoccupée qu’une petite entreprise sur quatre qui emploie des salariés compte des Européens parmi ses collaborateurs. « Cela risque de devenir très cher pour un petit employeur de recruter des personnes venues de l’Union européenne et cela risque d’engendrer des lourdeurs administratives », explique Matt Dickinson, porte-parole de la FSB. Par exemple, le salaire minimum à gagner pour être autorisé à travailler dans le pays devra être de 25 600 livres par an (soit près de 30 800 euros). « Au départ, cela devait être 30 000 livres, indique-t-il. Nous avons discuté avec le comité de conseil sur l’immigration et nous avons recommandé que cela baisse car 80 % des petites entreprises emploient surtout sur des métiers à compétences moyennes. On nous a écoutés sur ce point, donc c’est un bon départ. Mais, en dehors de Londres et du sud-est, les salaires tendent à être encore plus faibles, surtout hors des grandes villes. »

le but affiché : recruter des Britanniques

Pour certains secteurs susceptibles d’être touchés par des pénuries d’employés, le salaire minimum a été abaissé à 20 480 livres (près de 24 700 euros). Mais les syndicats s’inquiètent en particulier du secteur des soins, auquel le document du gouvernement ne fait pas de mention spécifique. « Le secteur souffre déjà d’une hausse des coûts et d’un manque de personnel », confirme Matt Dickinson.

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Dans les médias britanniques, Priti Patel, la ministre de l’Intérieur, a laissé entendre que les emplois laissés vacants en conséquence de ce système à points permettraient le recrutement de citoyens britanniques. « Il y a plus de 8 millions de personnes, soit 20 % des actifs âgés de 16 à 64 ans, qui n’exercent pas d’activité économique à l’heure actuelle, a-t-elle expliqué sur la chaîne Sky News. C’est aux entreprises, avec le gouvernement […], d’investir, de soutenir les gens et de les former. » Cependant, les entrepreneurs observent souvent qu’il n’est pas facile de recruter des Britanniques sur des postes occupés par des Européens. « Un citoyen britannique sur trois n’est pas prêt ou n’est pas intéressé par ces emplois “pénuriques”, argumente Matt Dickinson. Nos membres aimeraient recruter des travailleurs issus du Royaume-Uni, mais ils n’y parviennent pas. »

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