Sénégal : « La justice veut maintenir Adama Gaye en prison le plus longtemps possible »

L’ancien journaliste Adama Gaye a été transféré mercredi à la prison de Rebeuss. En cause : des écrits publiés sur Facebook, qui lui valent les accusations d’« offense au président de la République » et d’« atteinte à la sûreté de l’État ». Son avocat Seydou Diagne dénonce des accusations « fantaisistes » visant à faire taire ses critiques trop virulentes envers le président Macky Sall. Interview.

C’est lui-même qui avait alerté sur son arrestation. Lundi 29 juillet, à 7 heures du matin, Adama Gaye publiait trois messages lapidaires pour annoncer qu’il était en voie d’être arrêté par la Division des affaires criminelles (DIC).

Depuis plusieurs semaines, l’ancien journaliste – il a notamment collaboré à Jeune Afrique dans les années 1990 – publiait sur les réseaux sociaux, de manière presque quotidienne, des messages, parfois très longs, pour critiquer le président Macky Sall.

Dans le viseur d’Adama Gaye, les soupçons de corruption qui pèsent sur le frère du chef de l’État, Aliou Sall, soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin dans l’attribution de contrats d’exploration d’hydrocarbures.

N’hésitant pas à accuser le chef de l’État de voleur, Adama Gaye publiait régulièrement des messages virulents sur la gestion de la manne pétrolière du Sénégal par l’État, en insistant sur sa propre connaissance du sujet et se prévalant d’un « master en gestion internationale de pétrole et gaz » et d’un « certificat en pétrole » d’un institut international de droit américain.

Mais ses messages « fleuris » s’écartaient parfois de l’actualité politique pour verser dans des considérations plus intimes, touchant à la vie privée du président sénégalais. Le délit de « diffusion d’écrits contraires aux bonnes mœurs » n’a toutefois pas été retenu par le juge d’instruction devant lequel il a été déféré le 31 juillet.

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