Quotas, AME, référendum… Ce qu’il faut retenir du débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale

Quel cap pour la politique migratoire de la France ? Comme voulu par Emmanuel Macron, l’Assemblée nationale a abordé lundi 7 octobre le thème de l’immigration, qui divise jusque dans la majorité. Les discussions ont été lancées à 16 heures par le Premier ministre Edouard Philippe, suivi par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Six “axes de travail”, selon l’exécutif, ont été présentées aux députés, dont une réflexion sur les prestations sociales accordées aux demandeurs d’asile. Une discussion similaire aura lieu mercredi au Sénat. Franceinfo fait le point sur ce qu’il faut retenir de ces débats dans l’Hémicycle.

Edouard Philippe n’exclut pas l’idée de quotas

Le chef du gouvernement s’est dit prêt à discuter d’une éventuelle mise en place de quotas sur l’immigration lors de l’ouverture des débats. “Bien accueillir suppose de maîtriser les flux migratoires”, a ainsi assuré le Premier ministre. “Quotas par nationalité, ou par secteurs professionnels, de tout cela nous devons discuter”, a encore déclaré Edouard Philippe.

“Il nous faut, s’agissant de l’immigration professionnelle, avoir une approche pragmatique en relation avec nos besoins de main d’œuvre”, a-t-il estimé lors de son discours introductif.

Le Drian plaide pour une “réponse européenne”

Evoquant la situation de l’Italie et de Malte, en première ligne face à l’afflux de migrants en mer Méditerranée, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré : “Chacun en Europe doit prendre sa part de l’effort.” Soit en accueillant sur son sol des réfugiés, soit par la “solidarité financière ou matérielle”. Le chef de la diplomatie a évoqué la “révision des régimes d’asile européens” et “l’harmonisation de nos systèmes nationaux”.

Buzyn veut lutter contre “les fraudes” à l’AME

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a pour sa part défendu avec force le système de protection sanitaire des immigrés en vigueur : “Oui, en France, on ne laisse pas des personnes périr parce qu’il leur manque le bon tampon sur le bon document.” Concernant l’aide médicale d’Etat (AME), elle a cependant annoncé un “plan de lutte contre les fraudes”.

>> L’article à lire pour comprendre les débats sur l’aide médicale de l’Etat

“Je ne retiendrai pas toute solution reposant sur une participation financière des personnes admises à l’AME. Cela constituerait un obstacle trop important pour l’accès effectif aux soins”, a-t-elle précisé.

Marine Le Pen propose un “grand référendum”

Avant le début des échanges, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a fait le lien entre la tuerie de la préfecture de Paris, perpétrée par un Français, Mickaël Harpon, et une “immigration anarchique”laissant se développer le “fondamentalisme islamiste”. Elle a défendu un “moratoire” sur l’immigration et a appelé dans l’Hémicycle l’exécutif à “avoir le courage d’organiser enfin un grand référendum” sur l’immigration.

La gauche dénonce un “populisme d’Etat”

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a alerté contre la tentation d’un “populisme d’Etat”. “Vous avez choisi de faire de l’immigré le bouc émissaire des problèmes du pays plutôt que le financier qui pille notre pays ou le fraudeur du fisc”, a tonné le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

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La droite propose une “charte de l’immigration”

A droite, le député Guillaume Larrivé, candidat à la présidence des Républicains, a souhaité la mise en place d’une “charte de l’immigration”adossée à la Constitution et soumise à “référendum”“On est beaucoup trop mous du genou” sur les questions d’islamisme, a-t-il affirmé. Quelques heures après le débat au Parlement, Julien Aubert, lui aussi en course pour diriger le parti, a proposé “un blocus de la Marine nationale” face aux arrivées.

L’aile gauche de la majorité temporise

Dans la majorité, la mise en avant du thème de l’immigration qui avait déjà divisé lors du vote de la loi Asile et immigration en 2018, a fait grincer une partie de l’aile gauche. Dix-huit de ses membres ont réclamé dans une tribune d’“élargir l’accès du marché du travail aux migrants”.

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