Les Émirats arabes unis misent sur le Sénégal

Abu Dhabi vient d’offrir au Sénégal un centre d’incubation de dernière génération qui vise à développer l’entrepreneuriat local dans le domaine des nouvelles technologies. Un choix qui n’est pas le fruit du hasard, car Dakar mise sur ses PME du numérique pour pérenniser la bonne santé économique du pays.

Un ambitieux projet

Jeudi 18 juillet, le président du Fonds Khalifa pour le développement des entreprises (ou KFED, pour « Khalifa Fund for Enterprise Development ») Hussain Jasim Al Nowais a posé la première pierre de ce qui sera bientôt le Centre Mohamed bin Zayed pour l’innovation et l’entrepreneuriat. La cérémonie a eu lieu en présence d’Amadou Hott, ministre sénégalais de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, de Papa Amadou Sarr délégué général de l’Entrepreneuriat rapide pour les jeunes et les femmes, accompagnés par Mohammed Ali Al Shamsi chargé d’affaires à l’ambassade des Émirats arabes unis à Dakar ainsi que d’autres représentants des deux pays. Les travaux commenceront en septembre et devraient durer moins de 6 mois, avec une cérémonie officielle d’inauguration fixée en février 2021.

Le futur centre Mohamed bin Zayed pour l’innovation et l’entrepreneuriat

Nommé en l’honneur de Mohammed ben Zayed Al Nahyane, prince héritier d’Abu Dhabi et mécène du projet, le Centre sera situé dans la capitale sénégalaise, Dakar, qui ambitionne de devenir un hub de référence pour les entreprises innovantes en Afrique. Pour se faire, les autorités aboudabiennes n’ont pas lésiné sur les moyens : le complexe disposera d’un capital de 18 millions d’euros pour contribuer au financement de nombreux programmes visant à promouvoir l’esprit d’entreprise et le développement des PME locales.

Les locaux de 20 000 mètres carrés répartis sur 14 étages abriteront un espace de co-working, une salle de codage, ainsi qu’un fab-lab qui permettra aux étudiants, startuppers, artistes, ou architectes-designers de créer et de développer des prototypes grâce à des équipements ultramodernes et performants. Ainsi, les projets les plus originaux pourront se concrétiser dans des laboratoires spécialisés où écloront des modèles pour l’impression 3D, l’aviation, l’électronique et la robotique.

Pour aider les jeunes pousses, le Centre Mohamed bin Zayed comprendra également un incubateur et un accélérateur d’entreprises axés sur les nouvelles technologies. Les entrepreneurs locaux pourront y trouver des services essentiels à leur croissance tels que des services d’accueil, de formation, de financement, d’orientation et de consultation. Le Centre ambitionne donc de devenir un véritable hub technique et financer pour toutes les forces vives innovantes de la région.

 

Le Sénégal, nouvelle « startup nation » ?

Après avoir remercié les Émirats arabes unis pour leur soutien continu à la croissance et au développement du Sénégal, Amadou Hott a affirmé que le Centre Mohamed bin Zayed pour l’innovation et l’entrepreneuriat « représentait un jalon important dans les efforts du pays pour développer son économie tout en intégrant les rôles des jeunes et des femmes », en ajoutant que « ces projets et initiatives contribueront aux efforts en cours pour devenir une économie du savoir durable ». Le choix du Sénégal pour l’implantation de ce centre n’est donc pas un hasard : il s’inscrit dans la droite ligne d’une série de projets destinés à renforcer les efforts du gouvernement sénégalais pour créer une économie stable et équilibrée tout en facilitant l’entrée sur le monde du travail aux femmes et aux jeunes en décuplant les capacités des entrepreneurs et des institutions locales.

Signe du dynamisme du Sénégal dans le domaine de l’entrepreneuriat innovant, la première édition de « Planète Startups » a eu lieu le 26 juillet dernier à Dakar. Cet évènement a permis la rencontre d’investisseurs, de grandes entreprises, de médias, de grandes écoles et universités, d’incubateurs et accélérateurs, de représentants du secteur public et d’agences de communication dont l’objectif était de célébrer et accompagner les startups du numérique.

Il s’agit là d’éléments visibles d’un plan sur le long terme : malgré le démarrage de la production de pétrole prévu pour 2021, le Sénégal est un pays pauvre en ressources naturelles comparé au reste du continent. Alors qu’il fait partie des pays africains les plus industrialisés, ce pays de 16 millions d’habitants compte désormais sur les nouvelles technologies en particulier et sur le secteur tertiaire en général pour diversifier son économie. Le gouvernement de Macky Sall — président en fonction depuis 2012 et réélu en février — a par exemple créé une « Zone touristique spéciale de la Casamance » qui vise à promouvoir l’investissement et la création d’emplois. À cela s’ajoute la construction de la route Djembering-Cap-Skirring et divers projets sociaux, comme la création de centres de santé et de maternités.

Une politique qui porte ses fruits puisque la quatrième économie d’Afrique de l’Ouest affiche une croissance supérieure à 6 % depuis 4 ans, alors qu’elle n’était que de 1,8 % en 2011. Cette économie prometteuse et ambitieuse a donc la confiance des Émirats arabes unis, et l’objectif annoncé par Papa Amadou Sarr de faire du Sénégal « un hub en Afrique à l’horizon 2025 pour accompagner la jeunesse » semble donc plus que jamais réalisable.

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