Emmanuel Macron courtise la diaspora pour renouveler les relations avec l’Afrique

Face à une perte d’influence politique et économique sur le continent, le président français, Emmanuel Macron, multiplie les actions et les discours en faveur de l’Afrique et de sa diaspora.

Sortir du paternalisme, mettre en place un nouveau partenariat stratégique, s’appuyer sur le rôle de la diaspora… Emmanuel Macron veut poser les bases d’une nouvelle relation avec l’Afrique. Dans ses différents discours depuis celui, retentissant, de Ouagadougou, en novembre 2017, où il a prôné la fin de la Françafrique, le président français dessine les contours de ce que pourrait être le nouveau paradigme des rapports entre l’ancienne puissance coloniale et le continent.

Le 27 août, lors de la Conférence des ambassadeurs à l’Élysée, Emmanuel Macron a insisté sur le fait que les stratégies françaises doivent désormais se “concevoir avec nos partenaires africains” et être portées “avec eux et pour eux”. En énumérant les différentes priorités et les engagements de la France sur le continent, le président a expliqué aux représentants de la diplomatie française qu’“une relation avec l’Afrique basée sur un sentiment ou parfois des réalités d’asymétrie” n’était plus d’actualité.

Pour Lionel Zinsou, économiste franco-béninois et ancien ministre du Bénin, membre du premier cercle d’Emmanuel Macron, le président veut “changer les codes, balancer les clichés pour ne plus vivre avec les oripeaux du colonialisme, du néocolonialisme ou de l’anticolonialisme. Il faut cesser d’être dans un rapport hégémonique vis-à-vis de l’Afrique. C’est complètement dépassé”. “Emmanuel Macron pose des bases complètement différentes et tournées vers l’innovation ou l’emploi des femmes. Il considère que ce qui s’est passé, trente ou quarante ans avant sa naissance l’intéresse peu” ajoute l’ancien chantre, en France, de l’afro-optimisme, un courant de pensée né dans les années 2000 qui prône l’émergence rapide de l’Afrique.

“Emmanuel Macron renouvelle les visions et on sent que son discours à Ouagadougou a évolué. Mais il faut que les paroles soient suivies d’actes” déclare Jean-Claude Félix-Tchicaya, chercheur pour l’Institut de prospective et sécurité en Europe (IPSE)

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