Abdoulaye Wade, Idrissa Seck, Khalifa Sall, Karim Wade… Le titre de « pape du Nopi » (« silence », en wolof) est disputé par plusieurs figures de l’opposition.

Le roi Birima Ngoné Latyr Fall, souverain du Cayor entre 1855 et 1859, était connu pour être particulièrement peu prolixe : il ne s’adressait à son peuple qu’une fois par an. Et aujourd’hui encore, au Sénégal, on ne prête qu’aux chiches (en mots).

Chez nous, le mutisme est synonyme de sagacité, de profonde intelligence et même de politesse – valeur suprême ! La parole (« kaddu », en wolof) est l’objet de tous les protocoles : elle se donne, se rend et se transmet. Si bien que, dans l’espace public, entre le respect qu’impose la parole rare et posée et la contrainte moderne d’une prise de parole permanente qu’ont engendrée le jeu partisan et la démocratie, nos élites vivent une perpétuelle dissonance cognitive.

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